La révolution du web 2.0 : l’émergence de la société collaborative

Nous l’avons vu, la première période du web est une affaire de techniciens, d’abord chercheurs universitaires puis développeurs, webmestres, graphistes, …

Jusqu’à l’émergence du web 2.0 et donc une industrialisation de la publication et autres processus sur Internet, l’usager profane doit s’en remettre aux techniciens. Les outils de publications conviviaux, sans compétences techniques particulières, l’apparition du fil Rss qui permet de « syndiquer » des contenus provenant d’autres sites, le développement de la blogosphère, la popularisation du courriel, les réseaux sociaux et autres outils de micro-blogging (twitter), partages d’images et applications mobiles façonnent le web d’aujourd’hui.

C’est un univers insoupçonné il y a quelques années qui s’est construit sous nos yeux avec des contenus et usages coconstruits par les usagers.

Où est donc la révolution ? L’usager au centre, et alors ?

Alors c’est l’individu, l’internaute, l’usager qui garde le pouvoir. Il ne le prend pas, il le garde car en fait le pouvoir procède de l’individu. Le réseau des réseaux, Internet, est l’outil qui permet à l’individu de communiquer vers les autres par des moyens et avec une facilité toujours plus grands.

Avant le blog et autres outils utilisant les mêmes techniques, la publication sur le web se faisait à l’aide d’un logiciel de transfert de fichiers – ftp – qui publiait sur internet le contenu se trouvant sur l’ordinateur du webmestre. Le web 2.0 permet avec un simple login et mot de passe de mettre à jour son site web à partir de n’importe quel ordinateur ou smartphone connecté au réseau.

Le blog n’est qu’un aspect de cette révolution de l’ère réticulaire, l’ère du réseau. Nous vivons une troisième révolution industrielle qui impacte bien des secteurs de notre société.

Non seulement centrée sur l’usager, la révolution de l’ère réticulaire permet en fait l’émergence d’une société plus que participative, collaborative. Cette société collaborative est le fruit de ce que que l’auteur américain Jeremy Rifkin a appelé le pouvoir latéral, c’est à dire non plus une approche pyramidale et verticale, mais horizontale et transversale, de coté. La relation un vers un et un vers tous se fait sans autre intermédiaire qu’un outil, le réseau, dont il importe de garantir la neutralité ou quasi neutralité pour ne pas biaiser la communication.

En France, l’ancien sénateur du Rhône, René Trégouët, a résumé l’enjeu en quelques mots dans le titre de son rapport d’information dès 1997 : Des pyramides du pouvoir aux réseaux de savoirs.
Organisation hiérarchique, pyramides de pouvoirs, médias traditionnels appartiennent à l’ancien monde.
Les stratégies horizontales, les démarches transversales, les coproductions participatives et collaboratives succèdent au pouvoir hiérarchique et vertical. Les savoirs se partagent en réseaux, le contenu se fabrique en partage et collaboration.

Quelques exemples permettent de mieux illustrer ce phénomène de société.

La semaine dernière est apparue sur internet en Côte d’Ivoire une plateforme participative d’indication du trafic routier, CivRoute, www.civroute.net qui a pour objectif d’ « être la première plateforme collaborative d’informations routières en Côte d’Ivoire. » avec une fabrication du contenu multi-canal : sms, twitter et site web de la plateforme.

Une bonne moitié au moins des projets présentés lors du StartUp Weekend d’Abidjan repose également sur le mode participatif et collaboratif en faisant appel aux usagers pour la production du contenu.

Le média classique est remis en cause dans son fonctionnement pyramidal de vecteur unique de transmission des informations. Au-delà de l’information, la nouvelle économie et l’économie numérique échappent aux modèles économiques classiques des première et deuxième révolution industrielle.

La société collaborative qui émerge sous nos yeux est loin de nous avoir livré tous ses secrets, à tel point que la prospective devient un élément majeur dans les outils de décisions de l’entrepreneur pour anticiper les usages et besoins de demain.